Une autre vision du Liban…

Archives de 6 février 2011

Les coutumes Libanaises

 

Vous vous rendrez vite compte que tous les libanais (ou presque) portent la moustache.

Embonpoint. Etre de forte taille est signe d’opulence, synonyme de richesse.

Orthographe. Il ne faut pas s’étonner de l’orthographe variable des noms de lieux. Il s’agit de la transcription phonétique des termes arabes. Exemple: Baalback, Balbeck, Baalbeck, Balbek… désignent cette ville de la Bequa (ou Bequaa). Il peut être utile d’apprendre à déchiffrer l’écriture arabe, ce n’est pas très dur. Noter l’orthographe anglophone : Beirut pour Beyrouth (ou encore Bayrut).

Vocabulaire. Un casino est un restaurant de plein air. Mais il y a aussi le Casino du Liban avec machines à sous, roulette… Un chalet est un bungalow ou un studio au bord de la mer.

Les chiffres perses sont fréquents mais doublés d’une transcription en chiffres « arabes ». Le système de numérotation perses est décimal.

Pas d’adresses. Bien qu’il y ait à nouveau des plaques de rues et quelques numéros aux immeubles, les adresses n’existent pas partout. Comment fait-on alors ? A Beyrouth, on vous indiquera l’immeuble « machin » dans la rue « bidule » ou dans le quartier « truc » ou encore à côté du magasin ou de l’hotel « chose ». Si vous demandez votre chemin, écoutez et notez les points de repère qu’on vous donnera. Ne montrez pas de carte géographique, les libanais s’en servent rarement et votre interlocuteur risque de passer beaucoup de temps à s’orienter.

Bises. Les hommes qui se connaissent bien (amis, collègues de travail) s’embrassent lorsqu’ils se rencontrent. C’est simplement la coutume. Les femmes aussi, entre femmes.
Entre homme et femme, la bise est réservée au milieu familial, ou aux milieux cosmopolites.

Tenue, poignée de main. Dans un contexte musulman, une femme ne devrait pas provoquer par sa tenue (jambes, corsage couverts). Il conviendrait pour un homme, de ne pas serrer la main d’une femme musulmane, surtout si elle est âgée. Le salut se fait alors en portant la main droite sur le coeur. Geste qui est courant d’ailleurs, pour accompagner les salutations verbales. Dans les milieux cosmopolites et étudiants les usages sont moins formels. Les coutumes sont très variables d’un contexte a un autre: demandez conseil autour de vous.
(ce texte a été contesté sur un forum, c’est pourtant ce que j’ai observé, pas partout, certe mais observé).

Confession de l’État : tout libanais doit appartenir à une confession, qui est mentionnée sur la carte d’identité. Les institutions sont réparties entre chrétiens et musulmans : le Président de la République est chrétien, le Premier Ministre est sunnite, le Président du parlement est chiite…

Moitié du Liban. Les libanais ne connaissent que la moitié de leur pays : celle de leur confession. Combien de fois m’a t-on mis en garde contre les « terroristes » de telle région ! Rendu dans la dite région, de constater que l’on offre au visiteur, qui une pomme, qui un café, qui l’hospitalité… Ecoutez les conseils officiels (des tensions subsitent), et rassurez les libanais : ils sont aussi accueillants les uns que les autres, toutes confessions confondues.

Les Libanais sont très attachés aux « jolis » nombres : sur une plaque d’immatriculation, plus le nombre est petit, plus son possesseur est important ou riche, et plus la plaque peut se négocier chèrement. (l’immatriculation « 1 » correspond au Président de la République). Il y a aussi des immatriculations agréables à l’oeil (symétrie des chiffres perses, répétition…). Pour les numéros de t éléphone, c’est la même convoitise.

Marque d’hospitalité : à un invité, on offre le café, ou des cigarettes (des paquets de différentes marques sont disposés dans un panier).

Souvent pour répondre à une question, les libanais lèvent les sourcils sans dire ni oui, ni non. Sachez que cela signifie « non ».

Paradis des Mercédès et BMW. Vous verrez beaucoup de véhicules de ces marques allemandes. De tous âges, et de toutes finitions: du modèle 1950 rafistolé jusqu’au tout dernier modèle hyper-luxe. Il y a aussi de magnifiques exemplaires de vieilles voitures américaines. De quoi attirer les collectionneurs.

Klaxon. En voiture, l’usage du klaxon est courant et même indispensable; souvent klaxonner signifie « attention, je suis là, j’arrive ». Il sert aussi aux taxis pour se signaler à d’éventuels piétons clients.

Jets d’eau. Dans les restaurants populaires, l’eau est disponible en cruche de verre: il faut boire sans porter la cruche aux lèvres. Demandez un verre pour ne pas être éclaboussé. Pour une meilleure hygiène (l’eau du robinet est généralement stockée dans une cuve pas forcément entretenue, sur le toit de chaque immeuble), préférer les boissons en conditionnement fermé (en bouteille ou en boite métal).

Pigeons. Peut-etre verrez-vous à Beyrouth ou dans les grandes agglomérations, ces groupes de pigeons qui tournoient au dessus des immeubles en fin d’après midi ? Il s’agit d’une vieille tradition, que l’on dit ancestrale, qui consiste à dresser des pigeons. Les pigeons sont entrainés régulièrement à tournoyer au dessus de l’immeuble (ou se trouve le pigeonnier et l’éleveur). Les cercles s’élargissent de façon à capter les pigeons d’un autre groupe et augmenter la taille de l’élevage. L’éleveur utilise un fouet dont le claquement au sol sert à commander les pigeons. Aussi, des règles fixent l’organisation du pigeonnier et des nichoirs…

Les bouteilles d’alcool (whisky en particulier) sont munies d’un embout qui empêche la contrefaçon : pendant les années 80, la fraude consistait à remplacer le produit d’origine par un produit bas de gamme.

Il pourra arriver que l’on vous rende en plus de la monnaie , des boites de pâte à mâcher (chewing gum) : cela correspond à 50 LL ou 100 LL (soit 0,50 FF) que l’on ne peut pas rendre en pièces.

« Vache folle »: les consommateurs libanais sont vigilants quant à l’origine et l’alimentation des boeufs.

De légers tremblements de terre se produisent rarement; il n’y a pas de précautions particulières à prendre.

Le narguilé n’est pas de la drogue. C’est du tabac, parfois parfumé, dont la fumée passe en bulles dans de l’eau ordinaire, humidifiant et adoucissant la fumée. Parfums du tabac : miel, pomme…

– Aspects déplaisants du Liban –

Le prestige sinon rien. Au Liban, si vous n’avez pas une affaire de quelques millions de dollars, vous n’êtes rien. Et ceux qui ont réussi le montrent ostensiblement, parfois avec un odieux mépris ou en transgressant les lois.

Pas de classe moyenne. Au Liban, 95% des biens appartiennent à 5% de la population.

Gestes. En voiture, il ne faut faire aucun geste qui pourrait être mal interprété (surtout pas de doigt ou d’insultes). Il reste des armes, dont certaines dans les voitures…

Main d’oeuvre étrangère. Le personnel peu qualifié est souvent étranger. Le personnel de maison est d’origine sri-lankaise, ou africaine. Et la législation libanaise gagnerait à être améliorée pour limiter les entorses aux droits élémentaires de l’etre humain (horaires, congé hebdomadaire, liberté de circulation).

Ne pas tendre le bras lorsqu’un avion, ou un hélicoptère militaire passe : le pilote ne peut pas distinguer s’il s’agit d’un bras ou d’une arme à feu qui le vise. A éviter aussi, à la frontière israelo-libanaise. Heureusement la tension des années 80 a cessé, et les survols sont peu fréquents.


Gastronomie Libanaise ..hmmmm…

Les mezzes

 

La gastronomie libanaise est légendaire. Les mézzés les pâtisseries et les boissons sont très variées. Très caloriques aussi.

Faites-vous plaisir au moins une fois lors de votre passage au Liban. Invitez tous vos amis autour d’un vrai mezze (dans un vrai restaurant de mezzes). Choisissez un restaurant en plein air en été. dans la bequaa, dans la montagne ou sur la côte.

Une fois au restaurant, descendez de votre véhicule à la porte du restaurant, et n’hésitez pas à confier les clés au voiturier : il en assurera la surveillance (et veillera à la protéger du soleil au déjeuner). Un pourboire sera laissé au voiturier, pas toujours salarié.

Une fois à votre table, la carte permet de constituer un assortiment sur mesure, les prix étant indiqués.

En amuse-bouche, les olives concassées, les graines de citrouille (ou de courgette ?) salées, à décortiquer, les amandes en chaton, ou en gangue ou séchées (selon la saison) les arachides servies juste avant les mézzés.

L’arak est servi dans de petits verres typiques, et accompagne tout le repas. D’autres choisiront le whisky franchement mélangé à l’eau. Plus rarement le vin.

Parfois le pain traditionnel libanais est préparé et cuit sur place et vous est servi tout chaud. Un délice ! Sur la table, il y a toujours un gros plateau de légumes à croquer (salade, choux, navets, radis, poireaux, carottes, menthe à tige carrée).

Les mezzes : taboulé (persil haché, doit toujours commencer le repas), hommos (purée de pois chiches, à aroser d’un filet d’huile d’olive), moutabal (purée d’aubergines grillées)… Plus il y a de convives, plus les plats peuvent être variés. On se sert avec les doigts à même les plats (cone de pain trempé dans le plat de hommos) et on mange les mets de son assiette, avec la fourchette si c’est nécessaire (taboulé…)

Originalité : foie cru (cholestérol !), oisillons rotis, cervelle, langue de mouton…

Les grillades, brochettes : viandes de poulet, agneau, boeuf.

N’oublions pas les poissons (daurade, rouget, friture) frits (ou grillé pour les régimes maigres) dans les restaurants de « fruits de mer » (à Jbeil-Byblos, à Tabarja). A noter que « fruits de mer » désigne principalement les poissons, le calamar/seiche. On trouve des coquillages importés de France, dans quelques restaurants de cuisine francaise.

Vous remarquerez, dans les grandes maisons, les serveurs qui s’affairent comme des abeilles autour de votre table, s’assurant de votre bien-être, et essayant de satisfaire le moindre caprice des clients.

Desserts : achta avec dates, fruits de saison (plateau composé de fruits épluchés en fin de repas). Les patisseries sont rarement présentées au désert, puisque le repas est très copieux.

Selon les saisons, goutter :

  • au printemps (avril – mai) : les nèfles (fruit orange avec un gros noyau lisse, au goût de mangue et d’orange), les jeunes amandes croquées et avalées encore enrobées de leu gangue, à l’apéritif.
  • en juillet et août : les dattes fraîches ou noircies à l’eau vinaigrée,
  • de septembre à novembre : les agrumes (oranges, mandarines) vendues sur la côte sud vers Saïda,
  • pendant tout l’automne : les bananes, petites, douces et parfumées.

Pendant le repas, ou à la fin, il est courant de fumer le narguilé (la pipe à eau) dont la fumée, douce et parfumée, embaume le restaurant. Certaines femmes fument, ce qui semble être rare dans le monde arabe.

Si vous invitez vos convives, cela fait très chic d’aller discrétement régler la note de restaurant, d’autant plus chic que les convives ne s’appercoivent de rien.

Recettes de cuisine libanaise : recettes de cuisine libanaise – spécialites regionales –

Les restaurants de Mézzés à Paris ont perdu une bonne part du cérémonial, pour satisfaire les goûts parisiens, ou simplement par contrainte économique : disparus le plateau de légumes, les petits verres à arak, les brigades de serveurs, les cruches à eau…

Les boissons

Préférer les boissons en bouteille à l’eau du robinet (voir rubrique santé). Il est possible de s’amuser à boire à la cruche, sans la toucher ! Sans entrainement, on se retrouve éclaboussé.

La boisson locale est l’arak (contient de l’alcool) : c’est une sorte de pastis obtenu par distillation de jus de raisins fermentés avec des graines d’anis. A mélanger avec de l’eau et à servir avec des glaçons dans un petit verre, que l’on remplace (dans les grandes maisons) aussitôt qu’il est vide, par un verre propre et plein. Peut-etre qu’à cause des trois distillations successives, il ne donne pas de mal de tête (s’il est consommé avec modération). Producteurs: Kefraya, Brun, Al Massaya, Ksarak, Fakra… 
A noter qu’on retrouve une variante de cette boisson anisée dans d’autres pays du bassin méditerranéen; en Grèce, il s’agit du raki, beaucoup plus corsé en épices
.

Le Liban produit du vin blanc et rouge : à Kéfraya (Béquaa – lien perdu : http://www.chateaukefraya.com.lb) , à Ksara (Béquaa), Nakad (à Jdita dans la Bequaa), et Musar (à Ghazir: dans la montagne au dessus de la baie de Jounieh). Les caves se visitent. Production disponible partout dans les régions chrétiennes, boutiques et centres commerciaux. Autres vignobles: Massaya à Tanaiel dans la Beqaa.

Il existe une bière produite localement sous licence : Almaza. Bière blonde, légère et rafraichissante.

On trouve des boissons carbonnées au cola, sodas aux fruits (Mirinda) dans tout le Liban, et lorsque l’alcool n’est pas permis. Ou encore le sirop de rose.

Le café turque

Confectionné dans des petits pots métalliques caractéristiques, le café est mélangé à l’eau en ébullition.

Le vrai café, avec de la cardamone, est plutôt fort. Il est servi nature, mais se prend généralement sucré. Dans les grands restaurants, il est servi non sucré par un cafetier en costume traditionnel, dans des petites tasses sans anse. La cafetière dispose d’une cheminée centrale où une braise maintient une chaleur suffisante. Ce café est très fort et est servi à volonté par petites quantité jusqu’à satiété (on dit alors « ralasse », c’est à dire cela suffit).

En fin de repas, il convient de laisser un pourboire au cafetier qui n’est pas forcément salarié du restaurant. Dans les rues (front de mer de Beyrouth, souks de Saïda ou de Tripoli), des marchands ambulants servent aussi ce genre de café, mais dans des conditions d’hygiène insuffisantes.

Le narguilé

La pipe à eau, une façon originale de fumer le tabac : le tabac est parfumé au miel, aux fruits… la fumée est adoucie par le passage dans l’eau. La pipe à eau est esthétique, parfois très travaillée et surchargée de parures. Bien sur, ce tabac n’a rien a voir avec de la drogue.


Green Wheels, le Liban sur deux roues !

 

L’été 2010 a vu l’officialisation d’une toute nouvelle association libanaise : Green Wheels. Littéralement « roues vertes » en français. Cette association à but non-lucratif a pour père Marc Geara, promoteur immobilier passionné de vélo. Il en est aujourd’hui le président. Attirés par les projets proposés par Green Wheels, nous sommes allés à sa rencontre.

« Promouvoir l’usage des vélos au Liban » semble être le crédo de Marc Geara. Passionné depuis très jeune par le VTT, il s’achète l’an dernier un vélo de route, de course donc, et parcourt avec certains de ses amis le Liban. Dévorés par une passion commune, ils avalent généralement les kilomètres et dénivelés dans la vallée Lamartine. Le vélo, c’est tout un sport ! Mais pas seulement… Et Marc Geara en est bien conscient. C’est d’abord un loisir et un moyen de transport. C’est d’ailleurs sur ces deux dernières dimensions que l’association entend insister.

Il s’agit pour les membres de l’association de « donner aux libanais le goût du vélo ». Pour cela, il faut des installations qui permettent de pratiquer le vélo en tout sécurité, dans un cadre agréable. C’est ce à quoi répond le premier projet Green Wheels en collaboration avec la mairie de Damour. Sur un champ de bananier, l’on construit un circuit de 4 km, accompagné d’un point de location de vélo, des points d’eau, un restaurant. Bref, tout est prévu pour rendre l’endroit le plus agréable possible. Ce sera probablement prêt en avril 2011.

L’association a aussi pris contact avec différentes mairies comme celles de Jbeil, de Zahlé ou de Beyrouth. Zahlé et Jbeil ont déjà organisé desdites Journée de Vélo, respectivement le 10 octobre et le 31 octobre. Deux succès francs. Tous les vélos de Zahlé étaient loués, on faisait même la queue pour attendre les revenants. Le maire de Jbeil a lui annoncé la construction d’une piste cyclable entre Jbeil et Amchit, jusqu’aux frontières du territoire qu’il administre.

Mais Green Wheels a deux projets phares. D’abord, aménager Beyrouth pour qu’on puisse y circuler plus aisément en vélo, en reliant les endroits stratégiques, les quartiers traditionnels (Mar Mikhail -Gemmayzé – Saifi – Spears – Hamra – Ras Beirut), les universités et les quelques jardins par des pistes cyclables. Ils sont actuellement en discussion avec la mairie de Beyrouth et aussi celle de Paris pour coordonner les projets de chacun.

Enfin, le rêve de Marc Geara serait de construire une piste cyclable sur le littoral, du Nord et au Sud du Liban, sur la route parallèle à l’autoroute. Une piste de 274 kilomètres donc. Immense projet ! Pour cela, l’association doit convaincre par ses projets antérieurs. L’exercice beyrouthin, dont la tâche se révèle difficile, sera clef.

Le soutien populaire sera aussi d’importance, pour plus de pouvoir décisionnel et pour une vraie force de conviction. Pour devenir membre, verser 30 000 livres libanaises suffit. Libre à eux d’investir plus.

Un projet tout naissant qu’il faut suivre. D’une part parce qu’une association se construit et se détermine à ses débuts. Et d’autre part parce que les projets ici défendus sont de grandes envergures. S’ils arrivent à terme, il s’agit sans doute aucun d’une révolution (verte ?) pour le Liban et sa capitale, tout du moins d’une avancée considérable.


Production ou importation ?

Au fil des années, le Liban affiche ouvertement sa passion pour les cigares. Pour preuve, le Duty Free de l’aéroport de Beyrouth, véritable porte d’entrée du Liban, contient une civette « Casa del Habano », une boutique de cigares à la renommée mondiale. D’autres enseignes sont présentes sur le territoire libanais telles « Akiki’s Cigars » au downtown de Beyrouth ainsi que de nombreux « Cigare lounge » présents dans la capitale libanaise. Malheureusement, il n’existe pas encore de chiffres officiels sur le nombre exact de civettes au Liban. Mais pour un représentant d’une de ces enseignes ayant souhaité rester anonyme, le Liban pourrait devenir la plate-forme du cigare au Proche-Orient, rien de moins. De quoi attiser la rivalité entre les différentes enseignes.

Selon une source officielle, les cigares d’origine cubaine représenteraient plus de 90% de l’importation au Liban. Cette écrasante majorité s’explique surtout par la réputation qu’ont les cigares de Cuba. Du célèbre Cohiba de Fidel Castro au Romeo y Julieta et autres Monte Cristo et Partagas, les produits cubains sont les plus appréciés au Liban. Gage de qualité mais aussi de richesse. Tel un tailleur Yves Saint-Laurent ou un Chanel n°5, le cigare cubain est avant tout un signe d’apparat. Mais pas seulement pour Antoine Rizk. « Les Français apprécient les grands crus comme un bon Bordeaux ou un Bourgogne, les Libanais savent aussi apprécier la qualité. », explique-t-il avec entrain. Les 10% restants proviennent des pays d’Amérique centrale comme le Nicaragua et St-Domingue. Certains seraient d’origine vénézuélienne mais aucune donnée officielle ne peut confirmer cette rumeur.

Il existerait aussi une production de cigare au Sud-Liban. Cela ne signifie pas la production d’un cigare 100% libanais sur le marché mais, bien au contraire, une fabrication locale de cigares cubains gérées par quelques passionnés. Les différents commerçants de cigares beyrouthins que nous avons interrogés sont d’accord sur le fait que ces cigares sont contrefaits et n’ont rien à voir les cigares importés. « Ici, on les appelle des fake cigars (faux cigares) », raconte un vendeur l’air amusé, « quoi qu’il en soit, la concurrence est bien trop rude pour qu’ils soient pris au sérieux ».


Comment fume-t-on un bon cigare ?

 

Pour un passionné de cigare, le véritable fumeur est celui qui sait apprécier l’objet, qui lui voue une forme de respect. « Fumer un cigare, c’est avant tout un moment intime que l’on passe seul ou avec des amis », raconte-on. Au Liban, il s’accompagne souvent d’un cognac ou d’un vin libanais comme un Château Khoury. Il peut aussi être fumé avec un thé à la menthe, une coutume locale toujours surprenante pour un européen. Ensuite, vient l’art de fumer le cigare. Tout d’abord, celui-ci se coupe délicatement. On parle aussi de « punch » (sorte de trou percé à l’arrière du cigare). On l’allume non pas avec un briquet mais avec une allumette en bois de cèdre afin de ne pas modifier l’odeur du tabac. Puis, il est nécessaire de laisser l’objet se consumer lentement, sans précipitation. « Fumer un cigare est un pur moment de détente », explique Antoine Rizk, en fin connaisseur.

Pour précision, les fumeurs sont aussi des fumeuses. Même si les femmes restent moins nombreuses que les hommes, elles savent aussi apprécier le cigare. Certains étant même destinés à une clientèle plus féminine comme le « Mille-fleur », un cigare court et plutôt fin que l’on propose au Cigar Lounge du Gray, explique Antoine Rizk. Mais contrairement aux apparences, les clientes préfèrent les gros cigares, souvent réservés aux hommes (Cohiba, Patargas, etc.). Selon un vendeur interrogé dans une cave à cigares à Beyrouth « Il n’existe pas de cigares définitivement destinés à tel ou tel sexe. Certains sont peut-être plus destinés aux hommes qu’aux femmes et inversement mais cela reste très subjectif». En tout cas, le cigare reste un produit très apprécié par les Libanais, quel que soit son utilisation. Frimer ou savourer, chacun pourra choisir. D’autres diront aussi que fumer un cigare, c’est tout simplement écouter une histoire.


Le Liban, l’autre pays du cigare…

Objet de luxe pour certains, œuvre d’art pour d’autres, le cigare occupe une place toute particulière au Liban. Le pays figure même parmi les plus grands importateurs de cigares au monde. Pour quelles raisons ? Enquête sur un marché encore mal connu au pays du Cèdre.
On dit d’un cigare qu’il raconte une histoire. Et celle qu’il conte sur sa relation avec le Liban a tout d’une énigme. Certains datent son entrée au pays du Cèdre au début du siècle dernier. Pour d’autres, le cigare est un jeune produit de luxe. Savoir qui des deux a raison relève du casse-tête. Comme le Liban, le cigare est un savant mélange. Sa fabrication s’étend sur la durée (compter plusieurs jours de la sèche des feuilles au roulage final). Ne jamais dire qu’un cigare est semblable à une cigarette. Avant tout, le cigare se savoure pleinement et sereinement. C’est une relation qui se crée entre l’objet et son fumeur.

On date le retour du cigare au Liban au début des années 1990, plus précisément vers 1994. En 1990, les accords de Taef mettent fin à quinze ans de guerre civile au Liban. Le pays tend à se reconstruire et à retrouver sa prospérité d’antan. Avec le nouvel essor économique vient le cigare, un objet jusqu’alors surtout connu des spécialistes. Il entre progressivement dans les mœurs et devient un objet convoité. Symbole d’une prospérité retrouvée, il fait rapidement partie de la panoplie du « bon chic bon genre » libanais.

Le Liban est aujourd’hui le sixième importateur mondial de cigares. Une curiosité pour un pays qui ne compte que quatre millions d’habitants. « C’est très simple à expliquer », nous indique Antoine Rizk, manager du Cigare Lounge du Gray Hotel à Beyrouth, « Un certain nombre de Libanais fument le cigare, mais les étrangers venus du Golfe par exemple représentent également une clientèle assez importante au Liban. » Tel un complet chic ou un prêt-à-porter distingué, le cigare est devenu un objet de luxe.


Conduire au Liban: à vos risques et périls

« Au Liban, on conduit comme des kamikazes » cela traduit la pensée de tous ceux qui circulent sur les routes d’un pays où la mauvaise conduite notoire fauche chaque année de plus en plus de vies, des jeunes en majorité.

« Je me rends à mon travail chaque jour la peur au ventre », affirme Farah, « les conducteurs indisciplinés sèment la mort partout ». En 2006, Lina Gebrane a perdu son fils unique, tué sur une route du Liban à l’âge de 18 ans, lorsqu’une moto venant à contre-sens a surgi face à lui. En voulant l’éviter, sa voiture a terminé sa course contre une station-service. « Les accidents de la route sont la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans au Liban, alors qu’ils sont la deuxième (cause de décès des jeunes) dans le monde », affirme Mme Gebrane, vice-présidente de « Kun Hadi » (Sois calme). « Mon fils ne reviendra pas, mais si on peut sauver la vie d’autres jeunes, il ne sera pas mort en vain. Il faut que ça cesse », souligne cette femme qui a fondé l’association avec son mari.

En juillet, le ministre de l’Intérieur Ziad Baroud a annoncé que 750 personnes étaient mortes à la suite d’un accident de la route en 2009, contre 190 victimes d’homicides. Pour 2010, les chiffres s’annoncent plus alarmants encore, 500 personnes ayant déjà été tuées au cours des six premiers mois de l’année, un chiffre record, selon la Youth Association for Social Awareness (YASA).

Autoroutes bondées, routes crevassées ou mal bitumées, absence de signalisation, manque de formation des policiers, alcool ou portable au volant: les causes d’accidents sont multiples. En l’espace de sept ans, le nombre de morts et de blessés a presque doublé, selon les chiffres de la Croix-Rouge.
« J’ai presque peur de sortir de chez moi », renchérit Rana Ghadar, 33 ans qui, chaque jour, fait le trajet entre Saïda (sud) et Beyrouth. « Les conducteurs ne respectent pas le code de la route, ça transforme la conduite en une aventure dont on ne peut pas prévoir les conséquences », dit-elle.

Les autorités tentent de remédier au problème en augmentant le nombre de radars et de caméras de surveillance. Le gouvernement a également approuvé des mesures pour tripler les amendes pour les contrevenants. La police tente également d’être stricte pour obliger les conducteurs à porter la ceinture de sécurité, arrêter de téléphoner ou envoyer des sms en conduisant, mais en vain.

Selon Kamel Ibrahim, de l’association YASA, le Liban est l’un des pire pays arabes concernant la circulation. Pour lui, l’ampleur du phénomène comporte un risque pour le tourisme. « Les agences de voyage à l’étranger disent de plus en plus à leurs clients de faire attention sur les routes du Liban », explique-t-il. Fadi, hommes d’affaires de 40 ans, estime que la circulation fait plus peur aux Libanais et aux touristes que la situation politique dans le pays, connu pour ses périodes d’instabilité. « On craint aujourd’hui non pas d’être tué par une bombe ou un attentat, mais de se faire écraser par un chauffard », lâche-t-il.


Un nouveau Premier ministre pour le Liban!

Le premier ministre Mikati et le général Aoun

Le choix comme Premier ministre au Liban du candidat appuyé par le Hezbollah est une victoire claire et nette pour le parti chiite pro-iranien qui pourrait déstabiliser les relations entre Beyrouth et les chancelleries occidentales, estiment des analystes.

« Nous devons attendre la composition du futur cabinet, mais c’est sûr que, vu de l’étranger, le Hezbollah et ses alliés sont au coeur du gouvernement maintenant », affirme Andrew Tabler, analyste auprès du Washington Institute for Near East Policy.

« Il y a eu un grand changement, qui soulève plusieurs questions », dit-il. Le milliardaire Najib Mikati a été chargé mardi de former un nouveau gouvernement, après que la démission des ministres du camp du parti chiite eut provoqué la chute du cabinet de Saad Hariri, en raison d’un bras de fer sur le Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

Cette instance basée près de La Haye est chargée de juger les responsables de l’assassinat de l’ex-Premier ministre et père de Saad, Rafic Hariri. Elle est accusée par le Hezbollah d’être  instrumentalisée par Israël et les Etats-Unis.

Le puissant parti chiite s’attend à être mis en cause par le tribunal et avait sans succès tenté d’obtenir que Saad Hariri le désavoue. Pour Shadi Hamid, directeur de recherches au Brookings Doha Center,
l’arrivée au pouvoir de M. Mikati grâce au soutien du Hezbollah pourrait déstabiliser les relations entre le Liban et les pays occidentaux.

Si (la coalition menée par le Hezbollah) devient la force qui gouverne le Liban (…) cela va porter atteinte aux relations entre le Liban et les puissances occidentales, et notamment avec les Etats-Unis », dit M. Hamid.

« Cela soulève des questions concernant l’aide militaire et économique, voire sur le retrait de cette aide », estime-t-il. La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, dont le pays considère le Hezbollah comme une organisation terroriste, a déjà clairement averti qu’un gouvernement « contrôlé » par le parti chiite aurait « clairement un impact » sur les liens bilatéraux.

Israël, dont le Hezbollah est la bête noire, a appelé mercredi la communauté internationale à empêcher le Hezbollah et l’Iran de prendre « en otage le Liban ».

« Je crois que le plus important est d’observer maintenant les calculs d’Israël, dit M. Tabler. « Jusqu’à présent il y a toujours eu +une zone tampon+ entre le Hezbollah et Israël: l’Etat libanais et l’armée ».
« En cas de futur conflit, je ne sais pas si (Israël) fera la différence entre l’Etat libanais et le Hezbollah », indique l’expert.

Les analystes estiment par ailleurs que la communauté internationale observera de très près comment le nouveau Premier ministre abordera la question du tribunal international. Avec le Hezbollah aujourd’hui en position de force, ils craignent que M. Mikati n’accepte de cesser toute coopération avec le TSL, en retirant les juges libanais et en arrêtant le financement de Beyrouth. Selon M. Tabler, « la question la plus imminente est le TSL, qui a été créé sous le chapitre 7 (contraignant du Conseil de sécurité de l’ONU), ce qui peut impliquer des sanctions » en cas de suspension de la coopération.

Hormis cet épineux dossier, l’influence du Hezbollah sur le futur gouvernement ne sera peut-être pas très flagrante, estiment les experts. « La situation n’est pas exactement tel que décrite par les médias
occidentaux. C’est plus compliqué », dit M. Hamid « Le Hezbollah a participé à des gouvernements avant cette crise. Ni lui ni aucune autre partie ne pourront jamais contrôler totalement le gouvernement, en raison du système de partage politique » en vigueur au Liban, fondé sur la parité entre chrétiens et musulmans.


Qui est Najib Mikati?

Le premier ministre Libanais Najib Mikati

Najib Mikati, chargé mardi de former un nouveau gouvernement au Liban, avec l’appui du puissant Hezbollah, est un magnat des télécoms milliardaire qui a déjà été brièvement Premier ministre en temps de crise en 2005.

Najib Mikati est souvent remarqué sur les photos de groupe parce qu’il dépasse d’une tête les personnes qui l’entourent. Ce sunnite de 55 ans a été chef de gouvernement pendant trois mois dans la foulée de l’assassinat de l’ancien dirigeant Rafic Hariri qui a divisé le pays entre le camp de Saad Hariri, fils de Rafic, et celui du parti chiite Hezbollah. Ami personnel du président syrien Bachar al-Assad, M. Mikati a été élu député du Liban nord en 2000 et 2009 et a occupé le portefeuille des Travaux publics entre 1998 et 2004, qu’il a réussi à moderniser.

S’il revient sur le devant de la scène dans un contexte de crise, liée à l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, sa nomination a provoqué cette fois-ci la fureur du camp de Saad Hariri, Premier ministre en exercice et leader sunnite le plus populaire du pays. Accusé de « trahison » –il avait été élu député en 2009 sur les listes de Saad Hariri–, Mikati a été immédiatement vilipendé comme « le candidat du Hezbollah » chiite, le plus puissant mouvement armé au Liban.

Le Premier ministre désigné est la tête d’un petit empire international employant plus d’un millier de personnes avec des bureaux notamment à Paris, Londres, New York et Monaco. Il est notamment le co-fondateur du groupe Mikati (M1), holding familiale et l’un des principaux actionnaires de l’opérateur sud-africain de télécommunications MTN, propriétaire de la marque de prêt-à-porter haut de gamme « Façonnable », et investisseur dans l’immobilier, le transport, le gaz et le pétrole.

Il figure dans le classement du magazine Forbes qui estime sa fortune à 2,5 milliards de dollars tout comme celle de son frère Taha. Diplômé en gestion des entreprises de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), il a poursuivi ses études au prestigieux institut d’administration des affaires Insead à Fontainebleau, près de Paris, puis à l’université Harvard. Il est marié et père de trois enfants.

Homme politique chevronné, il devra très probablement former un gouvernement sans la participation du camp de son ancien allié, Saad Hariri,  celui-ci ayant fait savoir qu’il boycotterait son cabinet. Si sa nomination en 2005 a été bien accueillie par la communauté internationale, notamment la France, celle de 2011 sera sans doute reçue avec méfiance, en raison du soutien du parti chiite. Lui qui était proche du Premier ministre assassiné, devra s’atteler à lourde tâche de gérer la crise née du bras de fer autour du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), en charge de l’enquête, le Hezbollah réclamant la fin de toute coopération avec cette instance qu’il accuse d’être « à la solde d’Israël et des Etats-Unis ».


Les grottes de Jeita

Le plaisir d’une visite des mythiques grottes de Jeita est multiple : enseignements sur la géologie du pays, plaisir des yeux face aux sculptures naturelles ornant ces sites souterrains, mais aussi amusement pour les enfants avec les trajets en téléphérique, en barque et petit train pour passer d’un site à l’autre. 

Autrefois l’un des sites les plus visités, les grottes de Jeita, situées à 20 km de Beyrouth dans la vallée de Nahr el-Kalb, au Keserouan, ont été rouvertes après un réaménagement complet. Véritables chef-d’oeuvre de la nature, elle furent découvertes en 1836 par un Américain du nom de Thompson. Elles furent explorées systématiquement pour la première fois en 1873, puis en 1902, en 1927 et dans les années 1950. Fermées au public en 1978 en raison de la guerre civile, les grottes ont été réouvertes en 1995. Ces grottes saisissent par la diversité des formes et par l’importance et le nombre des stalactites et stalagmites qui les composent, lesquelles d’ailleurs se sont vues affubler par l’imagination des explorateurs de noms aussi fantaisistes qu’évocateurs. Depuis des millions d’années, l’acide carbonique contenu dans les eaux de pluie et les eaux souterraines dissout le calcaire des roches karstiques, créant des fissures dans lesquelles s’infiltre l’eau qui sculpte peu à peu la roche et lui donne ce relief fantasmagorique que l’on peut observer à Jeïta.  

Ces cavernes sont accessibles au moyen d’un téléphérique panoramique et peuvent en partie être visitées en barque Elles se composent en galeries inférieures et galeries supérieures.

Les galeries

Les galeries inférieures : c’est la visite de cette partie de la grotte qui se fait en canot. Elle ne couvre que près de 600 mètres sur un parcours total de 6910 mètres actuellement reconnu par les spéléologues libanais. Elles sont situées à 60 mètres en dessous des galeries supérieures. Elles sont fermées en hiver à cause du niveau d’eau trop élevé.

Les galeries supérieures : formées quelques millions d’années avant celles de la grotte inférieure, ces galeries sèches présentent le premier état du site de Jeïta, avant que des conditions géologiques n’aient provoqué le déplacement de la rivière souterraine vers son lit actuel. Un tunnel d’accès de 120 mètres de long permet au visiteur de découvrir à pied un paysage fantasmagorique de voûtes, de gours, de piliers stalagmitiques, de colonnettes de toutes tailles, ainsi que de draperies et de concrétions cristallines diverses. La partie accessible par les visiteurs est formée de trois chambres : la première, la Chambre Blanche, abrite les formations les plus impressionnantes de la grotte, tandis que la seconde, la Chambre Rouge, tire son nom de la couleur rougeâtre donnée aux formations par l’oxyde de fer. La troisième chambre est la plus grande et atteint une hauteur de plus de 120 mètres. Notons que la plus grande stalactite du monde se trouve dans la Chambre Blanche et mesure 8,2 mètres. Attention à ne pas glisser lors de cette visite piétonne !

Les grottes de Jeita restent aujourd’hui le théâtre d’un pittoresque spectacle de son et de lumière et ont abrité à maintes fois d’inoubliables concerts. Leur caractère exceptionnel a été mondialement reconnu lorsque les grottes ont été sélectionnées parmi les finalistes pour désigner les sept nouvelles merveilles naturelles du monde. Le résultat ne sera connu qu’en 2011 mais les grottes, au coude-à-coude avec rien de moins que le Grand Canyon, le Kilimandjaro ou la Grande Barrière de Corail, ont déjà affirmé leur caractère grandiose.


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.