Une autre vision du Liban…

La guerre civile 1975-1989

La guerre civile fut déclenchée le 23 avril 1975 et opposa d’abord les phalanges chrétiennes et les Palestiniens, puis, à partir du mois d’août, les milices islamo-progressistes alliées aux Palestiniens. Une première intervention syrienne en 1976 tenta de contenir les Palestiniens. En 1978, Israël s’installa dans le Sud, mais son armée dut céder la place à une force d’interposition des Nations unies (FINUL). Restant sur place jusqu’en 1984, cette dernière ne put empêcher la nouvelle intervention israélienne de 1982 (opération «Paix en Galilée»), au cours de laquelle Beyrouth fut assiégée et l’OLP décimée.

La Syrie intervint à nouveau en 1983 contre l’OLP dans la partie ouest du pays (siège de Tripoli). Ils contrôlèrent 60 % du territoire et occupèrent une position de force: les forces syriennes, dénommées pax syriana, semblèrent préférables à la continuation de la guerre civile. Des conflits éclatant entre les communautés libanaises firent craindre une rapide désagrégation du pays. En 1989, les accords de Taëf permirent un retour progressif au calme, malgré une vaine résistance du général Michel Aoun commandant l’armée chrétienne.

Dans un environnement marqué par la guerre du Golfe, la Syrie et le Liban signèrent, en mai 1991, un «traité de fraternité et de coopération», qui revint à une reconnaissance du la Syrie sur le Liban. Toujours tiraillé entre la Syrie et Israël, le Liban d’aujourd’hui ne contrôle pas la totalité de son territoire et la souveraineté de l’État n’est toujours pas restaurée. Tant que le confessionnalisme constituera le fondement de la république du Liban, les responsabilités des postes politiques et administratifs demeureront inégaux.

Mais Israël a toujours continué à bombarder le sud du Liban, dans le but de limiter les avancées du Hezbollah (le «Parti de Dieu»), un mouvement politique chiite libanais possédant une branche armée qui fut à l’origine de sa création (en 1982). Le mouvement a comme objectif la création d’un État islamique sur le modèle iranien, ainsi que l’élimination de toute présence non islamique au Proche-Orient, dont l’État d’Israël. Le Hezbollah est financé à coup de centaines de millions, principalement par la Syrie et le l’Iran, ainsi que par des fonds privés. Le Hezbollah est considéré comme un mouvement de résistance par le Liban, la Syrie, la Libye et l’Iran. Évidemment, le Hezbollah est devenu rapidement la principale organisation militaire de confrontation avec Israël dans le sud du Liban. Entre 1990 et 2000, le Hezbollah a toujours renforcé son alliance avec la Syrie et a grandement consolidé sa faction militaire, ce qui lui a permis de poursuivre sa guérilla face à Israël. Cela étant dit, le Hezbollah traite également d’affaires sociales au moyen des hôpitaux, des écoles, des orphelinats et d’une chaîne de télévision (Al-Manar: la «chaîne du Parti de Dieu»), le tout étant destiné à augmenter sa popularité auprès de la population et gagner des appuis. À la suite des élections législatives de juin 2005, le Hezbollah a obtenu 14 sièges au Parlement libanais, lequel en compte 128.

Le Hezbollah poursuit toujours son objectif principal: la destruction d’Israël. Le mouvement armé dispose d’au moins 600 «combattants» actifs (voire 2000, et 5000 en entraînement intensif) et d’un armement d’artillerie lourde, tel que des lance-roquettes multiples et des missiles téléguidés; son arsenal militaire est également composé de fusils d’assaut, de mines antipersonnel, de pièces d’artillerie légère et de canon antiaériens avec des équipements de vision nocturne et de drones. Le soutien et les effectifs du Hezbollah sont pratiquement impossibles à chiffrer. Pour les dirigeants américains, le Hezbollah demeure un groupe encore plus dangereux que Al-Qaeda; pour l’opinion publique occidentale, ce sont des terroristes ou des pantins à la disposition de la Syrie et de l’Iran. Cependant, pour des millions de Libanais, c’est la voix des déshérités, car le mouvement soutient aussi un immense réseau de services publics touchant les hôpitaux, les écoles, la collecte des ordures, etc. Mais Israël a fini par réagir aux attaques du Hezbollah et, en juillet 2006, de vastes offensives militaires ont été lancées non seulement contre le sud du Liban, mais dans presque tout le Liban, dont Beyrouth.  Pour les dirigeants libanais, l’agression d’Israël a fait revenir le Liban cinquante ans en arrière. Le nombre de personnes déplacées est estimée pour le moment à au moins 700 000. Pour Israël, les représailles contre le Liban constituent un moyen pour faire comprendre à ce pays que le contrôle du groupe armé du Hezbollah relève de la responsabilité de l’État. Le problème, c’est que l’armée libanaise n’est pas suffisamment forte pour contrôler le Hezbollah et encore moins pour affronter la puissance militaire d’Israël! Il faudrait au minimum une force internationale! Pour le moment, les Libanais ne semblent être que des pions dans une guerre qui les dépasse. La déstabilisation du Liban, qui vient à peine de sortir de trente ans de présence étrangère sur son territoire, ne pourra qu’envenimer la cohabitation encore fragile des différentes communautés libanaises. Malgré des moyens militaires inférieurs, le Hezbollah a toujours réussi à tenir tête à Israël.

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